Ecrivains pour la Paix
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UN AUTEUR POUR LA PAIX ET DANS LA PAIX Enregistrer au format PDF
Date de publication : samedi21 février 2015, par Gervais de Collins Noumsi Bouopda

Aujourd’hui, l’UNIEP reçoit dans sa rubrique UN AUTEUR POUR LA PAIX ET DANS LA PAIX, le Pr. Constantin FROSIN, Président d’honneur de l’UNIEP. Présentation de Constantin FROSIN.

D’origine roumaine, professeur de philologie à l’Université « DANUBIUS » -Galati, Constantin Frosin est né le 12 octobre 1952. Doté d’une maîtrise parlée et écrite d’au moins 7 langues, il est membre de plusieurs associations d’écrivains.

De l’Académie Francophone à l’Académie Européenne, de l’Académie Internationale de Lutèce à l’Association des Écrivains d’Expression française, Constantin FROSIN promène partout son expérience pour la bonne marche du monde de la littérature.

Membre des comités de rédaction de plusieurs revues littéraires, il est titulaire d’une bonne cinquantaine de prix et distinctions. De Chevalier de l’ordre des arts et des lettres en 2000 à Officier des palmes académiques et chevalier du mérite culturel, cet esprit phénoménal a obtenu le Grand Prix de Traduction du roumain en langues étrangères de l’Union des Écrivains de Roumanie en 2002 et le Prix Européen de Poésie : POÊSIAS en 2003.

Auteur de plus de 200 œuvres publiées, ce valeureux savant conjure constamment dans ses textes l’espoir et l’harmonie, invite l’humanité au mépris de la guerre et fait l’apologie de la paix.

Biographie faite par Gervais de Collins NOUMSI BOUOPDA

Constantin FROSIN, vous êtes le Président d’Honneur de l’UNIEP depuis plus de cinq mois, qu’est-ce que cela vous fait ?

Un lourd fardeau s’ajoute à celui des deux autres présidences (des Traducteurs Professionnels et des Vétérans de Guerre de Roumanie), mais combien doux et rassurant, paisible et régénérateur… C’est comme si j’avais déjà réussi à retrouver ma paix intérieure, la Paix de l’Âme, comme on dit… Je baigne dans la Paix, je m’endors entre ses bras, et me réveille plus pur, en HARMONIE avec l’Univers, avec notre bas monde, avec l’Humanité entière. Je me sens à nouveau semblable à mes semblables, je me redécouvre pareil à mes pareils, enfin tout près de mes prochains, qui risquaient de devenir mes lointains… Ce fut grâce à vous, à votre géniale idée de fonder l’UNIEP, que je pus me retrouver, faire la paix avec moi-même, avec mon propre soi (qui ne vivait plus tellement dans la soie, mais plutôt sur la dure, à cause de ces multiples moi qui assiègent sans cesse le soi (le seul à se conformer au précepte : Ainsi soit-il !). Et puis, ce fut toujours vous, un des vrais Pionniers de la Paix du Monde, qui eûtes l’idée fabuleuse du Livre d’Or pour la Paix. A remarquer que le syntagme « d’Or » renvoie, phonétiquement parlant (sic !) au mot DOR du roumain, accepté par l’UNESCO, signifiant nostalgie, langueur. A-i fi DOR (avoir dor, si l’on peut dire…) signifie languir après, avoir la nostalgie de, désirer, appeler de ses vœux. Mi-e dor/il m’est dor, signifie : il me manque, je languis après quelque chose. Et je pense que le monde a vraiment dor de la Paix : la Paix lui manque, notre monde a le mal de la Paix (comme celui du pays, vu les migrations actuelles d’un continent à l’autre), il languit de la Paix, ce qui revient à dire, par la voie de conséquence de la logique, que le Monde en a assez de la Guerre, n’en veut plus, pas même entendre parler, que le Monde veut se reposer enfin, un tout peu, que le Jardin paradisiaque est si près de nous, qu’il suffit de tendre la main au Paradis pour s’y retrouver… Les Grands de ce monde (les petits plutôt) devraient comprendre que la Guerre ne sert plus à rien ni à personne, que, à force de vouloir faire la Guerre à tout prix, ils deviendront eux-mêmes victimes de cette Guerre qui, à l’instar de son frère aîné, le Diable, phagocyte ses adeptes et ses enfants… Ils risquent de rester dans l’Histoire comme les assassins de l’Histoire, du Présent et, implicitement, de l’Avenir !... Assassin signifie, selon une étymologie populaire (la seule vraie !) : les As du Sin, sin signifiant dans la nouvelle lingua franca que prétend être l’anglais, le Péché. Ils sont donc les as, les experts du péché, ce qui en dit long sur cette (basse) espèce de la plus belle espèce… C’est aux Poètes (les seuls qui disent à leurs pareils, à leurs semblables, à leurs collègues de Planète : je vous ai dans la peau, vous êtes dans ma peau, je vous aime, vous êtes mon pot, donc ils ne diront jamais : manque de pot ! Ils sont heureux de partager cette terre avec les autres habitants de la Planète, même si la plupart d’eux appellent la Planète « un endroit où l’on peut planer à l’envi », où l’on se croit tout permis, même la guerre ! Mais ceux qui planent, ce sont ceux qui tirent des plans sur notre Planète, à cela près qu’ils resteront en plan… D’entrée de je et de jeux…

Quelle est la place de la Paix dans votre écriture ?

Mes poèmes, mes rares proses, mes poésies ont pour source la Paix ou la quête de la Paix. Ou bien ils coulent de source, de la Paix de mon âme, où bien ils sont le reflet cruel de mes états d’âme qui languissent après la Paix, qui n’en veulent plus de cette guerre continuelle que l’on se livre l’un à l’autre, genre : Ôte-toi de là que je m’y mette, Allonge ton pognon pour que je ne tranche pas la gorge, Laisse-moi être riche, même si cela implique que toi et les tiens, vous mourrez de faim… On oublie trop vite que l’on n’emportera rien ni au Paradis, ni à l’Enfer, sinon ses péchés, ses cauchemars et ses obsessions//aube/cessions… Et qu’on laissera derrière famine, souffrance et une haine terrible contre nos faits et gestes… Paix est l’alpha, mais les autres mots, les plus beaux du français au moins, sont : Père, Patrie, Tout-Puissant, les pas qu’on fait sur terre avant le grand passage, sont l’oméga… Le Père engendra le Fils, la Paix engendra la poésie… La Poésie est la Patrie du Verbe, l’endroit où naquit le Verbe, la terre promise qui l’accueillit les bras ouverts… La Poésie est donc l’un des endroits d’élection du Dieu-Père Lui-même… Lorsque cette Paix, cette Mère de la Poésie, manque dans mes poèmes, j’efface tout, et reprends tout à zéro, ou remets l’écriture de tel poème à plus tard, dans l’espoir de retrouver cette paix mienne (me faisant défaut pour le moment) dans mes poèmes… Tout comme le père survit par son fils, la mère par sa fille, le poète survit grâce à ses poèmes, car il renaît avec chaque poème, avec chaque don de Dieu – qu’est la Création sous toutes ses formes ! Il se recrée grâce à son don de créateur, il se façonne, d’habitude à l’image de la Divinité (quelle qu’elle soit et quel que nom qu’elle puisse avoir…). La Paix ne saurait manquer de la Poésie, car elle forme la matière première de tout poème, un mot terrible, indiquant l’amour des Poètes pour leurs proches, car ce mot contient peau et aime. Le poète entend s’écrire dans chaque vers, à l’intention de ses lecteurs : Je vous aime, même je vous ai dans la peau (passez-moi le mot…). Qui d’autre déclare l’amour à ses semblable, comme le fait le poète ? Chacun de ses vers invoque l’Univers, il rythme ses rimes sur le rythme du Cosmos, réalisant cette apparemment impossible osmose entre là-haut et ici-bas. Personne d’autre ne pourrait le faire, sinon le Poète, car il est le héraut de la Paix, son porte-parole par ses vers, toujours verts, renvoyant à la jeunesse d’esprit, à l’éternité de la création divine, qui ne disparaît jamais, tout simplement se transforme, et parfois se métamorphose…

Pour nous autres écrivains, pensez-vous que cela vaille encore la peine de se battre pour la Paix dans ce monde ?

Je pense avoir déjà abondamment répondu à cette question. Oui, si l’on veut que le monde devienne de moins en moins immonde, qu’il devienne habitable et respirable, voire agréable – pourquoi pas ?, il faut laisser aux Poètes le droit de cité, les réinvestir de la qualité de Poetas Vates, au lieu de les bannir au-delà des murs des villes… On travaille sur fond de musique, on vit sur fond de musique des mots, la seule à pouvoir éloigner de nous les maux, voire les Maux ! Pourquoi, lorsqu’on parle de mélo-thérapie, on ne pense pas aussi à la musique des mots ? Prononcés, les mots muent en paroles, et on vit la vie par rôles, à tour de rôle, et on tient parole les uns envers les autres et tous envers Dieu… Et quel rôle jouent alors les mots des poèmes, ces pas assurés vers la Paix, l’Harmonie et le Bonheur, que seules Beauté et Bonté sont de taille à nous offrir… ! Si les Poètes cessaient, ne fût-ce qu’un instant, de se battre pour la Paix du monde, la Guerre reviendrait au galop, voire à la charge et la Paix de la Vie, cette belle musique céleste nourrissant les êtres d’argile lors de leur passage ici-bas, disparaîtrait et laisserait parler les canons, les bombes et la mort, la sœur aînée de la Guerre. Les trois Parques, ces entités maléfiques qui viennent parquer dans nos âmes et consciences : Souffrance, Guerre, Mort, ne peuvent être renvoyées dos à dos qu’au son de la Lyre, voire de toute la lyre… Et lyre renvoie au verbe lire, aux poèmes à lire en guise de prière au moins trois fois par jour : au réveil, à midi et le soir, avant de se mettre au lit. La force des mots est terrible, tout comme celle des maux, à cela près que les mots peuvent l’emporter sur les maux, avoir le dessus à tout moment, à condition d’être invoqués sous forme de vers, de poésie, de poèmes… Le Te Deum laudanum est fait de vers, même blancs, si l’on veut, mais les mots y sont pour toute la beauté dont resplendit la foi en Dieu… TDL : la Terre donne à Dieu ses Louanges, les poètes ont cru de toute la force de leurs mots, en ont fait des poèmes et, la musique aidant, quels hymnes l’homme peut dédier ensuite au Seigneur de la Création, y compris poétique ! OUI, cela vaut son poids d’or (et DOR) de se battre pacifiquement et poétiquement, pour la Paix du monde !

Que peut donc, d’après vous, vous donner l’UNIEP ?

Tout d’abord, l’UNIEP est… unique ! Ensuite, l’UNIEP unit, réunit autour d’elle les écrivains de ce monde affamés et assoiffés de Paix, de Poésie, de la Patrie des Mots, de la République des Lettres, de l’Empire des Vers (non seulement de l’Univers…), de l’Empyrée du Seigneur… L’UNIEP contient en elle l’UN, le Germe de tout ce qui est, l’Origine Universelle, la racine de l’arbre de vie et des forêts de symboles jonchant la terre. Dieu le Tout-Puissant, le Seigneur des Mondes et des Univers se trouve dans cette dénomination qui est une terrible trouvaille aussi. Dieu est avec nous, car Dieu aime les Poètes ! Pourquoi ? Parce que, à l’instar du Seigneur, qui enfanta la Verbe, le Poète enfante des poèmes, où le Verbe est mis à l’honneur ! Au fait, tout poème est un hymne à la Création, un hommage au Divin, au Créateur, au Père de la grande Patrie Universelle ! L’UNIEP nous rappelle que l’Union fait la force, que la force des mots, dans le cas des Poètes, est immensénorme ! Héneaurme ! Le mot crée l’Histoire, renverse l’Histoire, ou rend la confiance en l’Histoire ! A l’origine des Guerres, il y a des mots incompatibles avec la démocratie (des mots cratie/kratos). Des mots jetés au hasard, devenus injures par la suite. Mais les mots des poèmes empreints de Paix, deviennent musique, sont mis sur musique, hymnes religieux ou pas, mais la musique composée à partir et à base d’un texte poétique est une musique vivante, reflétant états d’âme et sentiments de ceux qui les ont écrits ! L’UNIEP : l’UN y est Paix, l’UN y est pour nous ! L’Un y est notre Patrie, notre Planète ! La Paix, c’est la communion des humains en la Paix, c’est la Paix faite Union, solidarité humaine. Voilà quelques possibles significations de l’UNIEP et de ce qu’elle peut nous apporter, certes, à condition de s’impliquer corps et âme… L’UNIEP, par la voix des poètes et des écrivains, tous fils et filles de la Paix, ou en quête de la Paix, est en mesure de nous réapprendre les bénéfices de la Paix, ses fruits doux et parfumés, capables de guérir peur et lâcheté, angoisse et affres de la Guerre, d’illuminer et lever nos doutes, de remettre du baume sur nos plaies et bosses… L’UNIEP, c’est l’élite des écrivains réunie sous l’étendard de la Paix, où les héros armés de leur Plume peuvent faire renaître la foi mais aussi la confiance, les seuls héros capables de se faire les Hérauts des temps à venir, de l’Histoire en train de se faire !

Quelles peuvent être les contributions des artistes et des écrivains pour que la Paix règne dans ce monde ?

En voilà une colle, renfermant, inévitablement, truismes, lapalissades et le classique parler pour ne rien dire… Loin d’être secrets de Polichinelle, ni des pots aux roses à découvrir, les formules universelles n’existent pas ! Chacun sait où le bât le blesse, chacun dans son bled, dans son coin, dans son trou. L’important est de bien faire les choses et de laisser dire aux autres : Bravo ! De bien faire entendre sa voix, celle de ses poèmes, d’en faire tout une musique, au grand dam de ceux qui ne l’entendent pas de cette oreille… Les artistes de ce monde présent, y compris et surtout les poètes/écrivains, feraient bien de ne plus cultiver le laid, le difforme, le diable et son père, sous prétexte d’être modernes, et non plus vieux jeux ! La vie de tous les jours renferme des beautés inexprimables, qu’il vaut explorer et exploiter. Laisser de côté l’immonde, le grotesque, le sale et les saletés (dans tous les sens du mot !), le cadavre et le putrescible, les moisissures et les bubons de la peste. S’orienter vers la beauté d’une fleur, d’un bouquet ou d’un champ de fleurs, vers la beauté d’une femme ou de toutes les femmes de ce monde, vers la beauté sereine d’un ciel d’été, ou le ciel chargé de neiges des nuits d’hiver, ou illustrer les contes dits au coin du feu… Chanter l’amour, le beau, le bien, l’humain tout en remerciant le Très-Haut de nous les avoir permis et concédés, de nous en avoir fait don. Chanter les enfants que nos épouses nous ont donnés, chanter les épouses que le ciel nous a données, chanter le ciel que le Divin nous a donné, chanter le Divin et lui remercier d’exister et de ce que l’on existe, nous autres, grâce à lui. Chanter le chant, les musiciens qui l’ont composé, les poètes qui en ont écrit les vers. Chanter les auditeurs de la musique, les artisans qui ont conçu et fabriqué les instruments musicaux, chanter la musique elle-même. Chanter la création, ce sera chanter le Dieu Tout-Puissant et son œuvre divine, mais aussi la création, l’humanité dont nous faisons partie, mais aussi et surtout notre humanité ! Voilà une petite part de ce que les artistes pourraient faire pour que la Paix règne sur terre, forme et in-forme notre monde, en l’ennoblissant et en l’embellissant. Serait-ce peu, serait-ce beaucoup ? Qui saurait le dire, sinon le Très-Haut ? Voilà pourquoi il ne faut jamais douter de rien, d’autant moins de la Paix, le souffle du Seigneur !

Quels sont vos projets actuels pour l’UNIEP ?

Nous sommes en train de mettre en œuvre plusieurs projets qui vont contribuer à éclairer le monde. Je vais pour l’instant m’arrêter sur un des projets qui retient le plus notre attention et notre intérêt : c’est le lancement du concours « Grand Auteur pour la Paix » (GAP). Ce concours consistera à réunir et à susciter l’intérêt des auteurs autour d’un thème fédérateur : l’amour. En tout cas, le Président Exécutif de l’UNIEP, NOUMSI BOUOPDA Gervais de Collins, d’autres auteurs et moi-même y travaillons activement. Je vous en dirais plus au moment du lancement officiel.

Comme il sera de tradition pour tous les auteurs qui passeront dans cette rubrique, pouvez-vous mettre à la disposition de nos nombreux internautes un de vos poèmes « pacifiques » ?

Je pense que ce que je vous ai déjà dit peut constituer un poème à la Paix. Enfin, voilà un poème qui a trait, de près ou de loin, à la Paix : A mes risques et périls (en la demeure)

Mon sang se donne l’air de charrier les troncs Des arbres où grimpaient mes ancêtres Il y a des fois où mes gencives me font mal Comme si je faisais mes défenses (de mammouth) Mes oreilles tintent comme sous l’effet des hurlements Remontant à la Préhistoire, ignorante de l’acte de la parole Le propre de la pourriture éclose des fleurs du Vice... J’abats mon stylo sur la feuille de papier innocente Comme les chasseurs d’antan leurs gourdins sur la proie Mes doigts crochus s’agrippent désespérément Au bord du précipice où les Autres se donnent Toutes les peines du monde pour me pousser Lorsqu’on me met le couteau sous la gorge Je revois toute l’Histoire passée, sanglante De la Guerre de Cent Ans, de Trente Ans Bon an, mal an je ne sais que me débattre Au pied du mur qui me sépare de l’Autre Tout ce qui coule me fait peur Que ça coule, découle, s’écoule, dégouline, dégoutte ou me dégoûte Jusqu’à mon sang me fait peur : il pourrait m’emporter Grimpé sur un tronc d’arbre à côté de mes ancêtres Qui déferlent de l’au-delà de la Mémoire sur Nous, ignobles violateurs de sépultures, d’Histoire

Voilà, Chers Frères et Soeurs, c’est un peu Tout, la Paix. Mes plus vifs remerciements à vous. Monsieur le Président Exécutif de l’UNIEP, MERCI

Interview réaliser par Lamine Merlin Tchuente et TCHAMOKOING Delphine Chargés de la communication de l’UNIEP.

Découvrez aussi le Pr. Constantin FROSIN sur les sites et blogs suivant : http://constantin-frosin.uv.ro http://etoile-du-danube.com

Aujourd’hui, l’UNIEP reçoit dans sa rubrique UN AUTEUR POUR LA PAIX ET DANS LA PAIX, le Pr. Constantin FROSIN, Président d’honneur de l’UNIEP. Présentation de Constantin FROSIN.

D’origine roumaine, professeur de philologie à l’Université « DANUBIUS » -Galati, Constantin Frosin est né le 12 octobre 1952. Doté d’une maîtrise parlée et écrite d’au moins 7 langues, il est membre de plusieurs associations d’écrivains.

De l’Académie Francophone à l’Académie Européenne, de l’Académie Internationale de Lutèce à l’Association des Écrivains d’Expression française, Constantin FROSIN promène partout son expérience pour la bonne marche du monde de la littérature.

Membre des comités de rédaction de plusieurs revues littéraires, il est titulaire d’une bonne cinquantaine de prix et distinctions. De Chevalier de l’ordre des arts et des lettres en 2000 à Officier des palmes académiques et chevalier du mérite culturel, cet esprit phénoménal a obtenu le Grand Prix de Traduction du roumain en langues étrangères de l’Union des Écrivains de Roumanie en 2002 et le Prix Européen de Poésie : POÊSIAS en 2003.

Auteur de plus de 200 œuvres publiées, ce valeureux savant conjure constamment dans ses textes l’espoir et l’harmonie, invite l’humanité au mépris de la guerre et fait l’apologie de la paix.

Biographie faite par Gervais de Collins NOUMSI BOUOPDA

Constantin FROSIN, vous êtes le Président d’Honneur de l’UNIEP depuis plus de cinq mois, qu’est-ce que cela vous fait ?

Un lourd fardeau s’ajoute à celui des deux autres présidences (des Traducteurs Professionnels et des Vétérans de Guerre de Roumanie), mais combien doux et rassurant, paisible et régénérateur… C’est comme si j’avais déjà réussi à retrouver ma paix intérieure, la Paix de l’Âme, comme on dit… Je baigne dans la Paix, je m’endors entre ses bras, et me réveille plus pur, en HARMONIE avec l’Univers, avec notre bas monde, avec l’Humanité entière. Je me sens à nouveau semblable à mes semblables, je me redécouvre pareil à mes pareils, enfin tout près de mes prochains, qui risquaient de devenir mes lointains… Ce fut grâce à vous, à votre géniale idée de fonder l’UNIEP, que je pus me retrouver, faire la paix avec moi-même, avec mon propre soi (qui ne vivait plus tellement dans la soie, mais plutôt sur la dure, à cause de ces multiples moi qui assiègent sans cesse le soi (le seul à se conformer au précepte : Ainsi soit-il !). Et puis, ce fut toujours vous, un des vrais Pionniers de la Paix du Monde, qui eûtes l’idée fabuleuse du Livre d’Or pour la Paix. A remarquer que le syntagme « d’Or » renvoie, phonétiquement parlant (sic !) au mot DOR du roumain, accepté par l’UNESCO, signifiant nostalgie, langueur. A-i fi DOR (avoir dor, si l’on peut dire…) signifie languir après, avoir la nostalgie de, désirer, appeler de ses vœux. Mi-e dor/il m’est dor, signifie : il me manque, je languis après quelque chose. Et je pense que le monde a vraiment dor de la Paix : la Paix lui manque, notre monde a le mal de la Paix (comme celui du pays, vu les migrations actuelles d’un continent à l’autre), il languit de la Paix, ce qui revient à dire, par la voie de conséquence de la logique, que le Monde en a assez de la Guerre, n’en veut plus, pas même entendre parler, que le Monde veut se reposer enfin, un tout peu, que le Jardin paradisiaque est si près de nous, qu’il suffit de tendre la main au Paradis pour s’y retrouver… Les Grands de ce monde (les petits plutôt) devraient comprendre que la Guerre ne sert plus à rien ni à personne, que, à force de vouloir faire la Guerre à tout prix, ils deviendront eux-mêmes victimes de cette Guerre qui, à l’instar de son frère aîné, le Diable, phagocyte ses adeptes et ses enfants… Ils risquent de rester dans l’Histoire comme les assassins de l’Histoire, du Présent et, implicitement, de l’Avenir !... Assassin signifie, selon une étymologie populaire (la seule vraie !) : les As du Sin, sin signifiant dans la nouvelle lingua franca que prétend être l’anglais, le Péché. Ils sont donc les as, les experts du péché, ce qui en dit long sur cette (basse) espèce de la plus belle espèce… C’est aux Poètes (les seuls qui disent à leurs pareils, à leurs semblables, à leurs collègues de Planète : je vous ai dans la peau, vous êtes dans ma peau, je vous aime, vous êtes mon pot, donc ils ne diront jamais : manque de pot ! Ils sont heureux de partager cette terre avec les autres habitants de la Planète, même si la plupart d’eux appellent la Planète « un endroit où l’on peut planer à l’envi », où l’on se croit tout permis, même la guerre ! Mais ceux qui planent, ce sont ceux qui tirent des plans sur notre Planète, à cela près qu’ils resteront en plan… D’entrée de je et de jeux…

Quelle est la place de la Paix dans votre écriture ?

Mes poèmes, mes rares proses, mes poésies ont pour source la Paix ou la quête de la Paix. Ou bien ils coulent de source, de la Paix de mon âme, où bien ils sont le reflet cruel de mes états d’âme qui languissent après la Paix, qui n’en veulent plus de cette guerre continuelle que l’on se livre l’un à l’autre, genre : Ôte-toi de là que je m’y mette, Allonge ton pognon pour que je ne tranche pas la gorge, Laisse-moi être riche, même si cela implique que toi et les tiens, vous mourrez de faim… On oublie trop vite que l’on n’emportera rien ni au Paradis, ni à l’Enfer, sinon ses péchés, ses cauchemars et ses obsessions//aube/cessions… Et qu’on laissera derrière famine, souffrance et une haine terrible contre nos faits et gestes… Paix est l’alpha, mais les autres mots, les plus beaux du français au moins, sont : Père, Patrie, Tout-Puissant, les pas qu’on fait sur terre avant le grand passage, sont l’oméga… Le Père engendra le Fils, la Paix engendra la poésie… La Poésie est la Patrie du Verbe, l’endroit où naquit le Verbe, la terre promise qui l’accueillit les bras ouverts… La Poésie est donc l’un des endroits d’élection du Dieu-Père Lui-même… Lorsque cette Paix, cette Mère de la Poésie, manque dans mes poèmes, j’efface tout, et reprends tout à zéro, ou remets l’écriture de tel poème à plus tard, dans l’espoir de retrouver cette paix mienne (me faisant défaut pour le moment) dans mes poèmes… Tout comme le père survit par son fils, la mère par sa fille, le poète survit grâce à ses poèmes, car il renaît avec chaque poème, avec chaque don de Dieu – qu’est la Création sous toutes ses formes ! Il se recrée grâce à son don de créateur, il se façonne, d’habitude à l’image de la Divinité (quelle qu’elle soit et quel que nom qu’elle puisse avoir…). La Paix ne saurait manquer de la Poésie, car elle forme la matière première de tout poème, un mot terrible, indiquant l’amour des Poètes pour leurs proches, car ce mot contient peau et aime. Le poète entend s’écrire dans chaque vers, à l’intention de ses lecteurs : Je vous aime, même je vous ai dans la peau (passez-moi le mot…). Qui d’autre déclare l’amour à ses semblable, comme le fait le poète ? Chacun de ses vers invoque l’Univers, il rythme ses rimes sur le rythme du Cosmos, réalisant cette apparemment impossible osmose entre là-haut et ici-bas. Personne d’autre ne pourrait le faire, sinon le Poète, car il est le héraut de la Paix, son porte-parole par ses vers, toujours verts, renvoyant à la jeunesse d’esprit, à l’éternité de la création divine, qui ne disparaît jamais, tout simplement se transforme, et parfois se métamorphose…

Pour nous autres écrivains, pensez-vous que cela vaille encore la peine de se battre pour la Paix dans ce monde ?

Je pense avoir déjà abondamment répondu à cette question. Oui, si l’on veut que le monde devienne de moins en moins immonde, qu’il devienne habitable et respirable, voire agréable – pourquoi pas ?, il faut laisser aux Poètes le droit de cité, les réinvestir de la qualité de Poetas Vates, au lieu de les bannir au-delà des murs des villes… On travaille sur fond de musique, on vit sur fond de musique des mots, la seule à pouvoir éloigner de nous les maux, voire les Maux ! Pourquoi, lorsqu’on parle de mélo-thérapie, on ne pense pas aussi à la musique des mots ? Prononcés, les mots muent en paroles, et on vit la vie par rôles, à tour de rôle, et on tient parole les uns envers les autres et tous envers Dieu… Et quel rôle jouent alors les mots des poèmes, ces pas assurés vers la Paix, l’Harmonie et le Bonheur, que seules Beauté et Bonté sont de taille à nous offrir… ! Si les Poètes cessaient, ne fût-ce qu’un instant, de se battre pour la Paix du monde, la Guerre reviendrait au galop, voire à la charge et la Paix de la Vie, cette belle musique céleste nourrissant les êtres d’argile lors de leur passage ici-bas, disparaîtrait et laisserait parler les canons, les bombes et la mort, la sœur aînée de la Guerre. Les trois Parques, ces entités maléfiques qui viennent parquer dans nos âmes et consciences : Souffrance, Guerre, Mort, ne peuvent être renvoyées dos à dos qu’au son de la Lyre, voire de toute la lyre… Et lyre renvoie au verbe lire, aux poèmes à lire en guise de prière au moins trois fois par jour : au réveil, à midi et le soir, avant de se mettre au lit. La force des mots est terrible, tout comme celle des maux, à cela près que les mots peuvent l’emporter sur les maux, avoir le dessus à tout moment, à condition d’être invoqués sous forme de vers, de poésie, de poèmes… Le Te Deum laudanum est fait de vers, même blancs, si l’on veut, mais les mots y sont pour toute la beauté dont resplendit la foi en Dieu… TDL : la Terre donne à Dieu ses Louanges, les poètes ont cru de toute la force de leurs mots, en ont fait des poèmes et, la musique aidant, quels hymnes l’homme peut dédier ensuite au Seigneur de la Création, y compris poétique ! OUI, cela vaut son poids d’or (et DOR) de se battre pacifiquement et poétiquement, pour la Paix du monde !

Que peut donc, d’après vous, vous donner l’UNIEP ?

Tout d’abord, l’UNIEP est… unique ! Ensuite, l’UNIEP unit, réunit autour d’elle les écrivains de ce monde affamés et assoiffés de Paix, de Poésie, de la Patrie des Mots, de la République des Lettres, de l’Empire des Vers (non seulement de l’Univers…), de l’Empyrée du Seigneur… L’UNIEP contient en elle l’UN, le Germe de tout ce qui est, l’Origine Universelle, la racine de l’arbre de vie et des forêts de symboles jonchant la terre. Dieu le Tout-Puissant, le Seigneur des Mondes et des Univers se trouve dans cette dénomination qui est une terrible trouvaille aussi. Dieu est avec nous, car Dieu aime les Poètes ! Pourquoi ? Parce que, à l’instar du Seigneur, qui enfanta la Verbe, le Poète enfante des poèmes, où le Verbe est mis à l’honneur ! Au fait, tout poème est un hymne à la Création, un hommage au Divin, au Créateur, au Père de la grande Patrie Universelle ! L’UNIEP nous rappelle que l’Union fait la force, que la force des mots, dans le cas des Poètes, est immensénorme ! Héneaurme ! Le mot crée l’Histoire, renverse l’Histoire, ou rend la confiance en l’Histoire ! A l’origine des Guerres, il y a des mots incompatibles avec la démocratie (des mots cratie/kratos). Des mots jetés au hasard, devenus injures par la suite. Mais les mots des poèmes empreints de Paix, deviennent musique, sont mis sur musique, hymnes religieux ou pas, mais la musique composée à partir et à base d’un texte poétique est une musique vivante, reflétant états d’âme et sentiments de ceux qui les ont écrits ! L’UNIEP : l’UN y est Paix, l’UN y est pour nous ! L’Un y est notre Patrie, notre Planète ! La Paix, c’est la communion des humains en la Paix, c’est la Paix faite Union, solidarité humaine. Voilà quelques possibles significations de l’UNIEP et de ce qu’elle peut nous apporter, certes, à condition de s’impliquer corps et âme… L’UNIEP, par la voix des poètes et des écrivains, tous fils et filles de la Paix, ou en quête de la Paix, est en mesure de nous réapprendre les bénéfices de la Paix, ses fruits doux et parfumés, capables de guérir peur et lâcheté, angoisse et affres de la Guerre, d’illuminer et lever nos doutes, de remettre du baume sur nos plaies et bosses… L’UNIEP, c’est l’élite des écrivains réunie sous l’étendard de la Paix, où les héros armés de leur Plume peuvent faire renaître la foi mais aussi la confiance, les seuls héros capables de se faire les Hérauts des temps à venir, de l’Histoire en train de se faire !

Quelles peuvent être les contributions des artistes et des écrivains pour que la Paix règne dans ce monde ?

En voilà une colle, renfermant, inévitablement, truismes, lapalissades et le classique parler pour ne rien dire… Loin d’être secrets de Polichinelle, ni des pots aux roses à découvrir, les formules universelles n’existent pas ! Chacun sait où le bât le blesse, chacun dans son bled, dans son coin, dans son trou. L’important est de bien faire les choses et de laisser dire aux autres : Bravo ! De bien faire entendre sa voix, celle de ses poèmes, d’en faire tout une musique, au grand dam de ceux qui ne l’entendent pas de cette oreille… Les artistes de ce monde présent, y compris et surtout les poètes/écrivains, feraient bien de ne plus cultiver le laid, le difforme, le diable et son père, sous prétexte d’être modernes, et non plus vieux jeux ! La vie de tous les jours renferme des beautés inexprimables, qu’il vaut explorer et exploiter. Laisser de côté l’immonde, le grotesque, le sale et les saletés (dans tous les sens du mot !), le cadavre et le putrescible, les moisissures et les bubons de la peste. S’orienter vers la beauté d’une fleur, d’un bouquet ou d’un champ de fleurs, vers la beauté d’une femme ou de toutes les femmes de ce monde, vers la beauté sereine d’un ciel d’été, ou le ciel chargé de neiges des nuits d’hiver, ou illustrer les contes dits au coin du feu… Chanter l’amour, le beau, le bien, l’humain tout en remerciant le Très-Haut de nous les avoir permis et concédés, de nous en avoir fait don. Chanter les enfants que nos épouses nous ont donnés, chanter les épouses que le ciel nous a données, chanter le ciel que le Divin nous a donné, chanter le Divin et lui remercier d’exister et de ce que l’on existe, nous autres, grâce à lui. Chanter le chant, les musiciens qui l’ont composé, les poètes qui en ont écrit les vers. Chanter les auditeurs de la musique, les artisans qui ont conçu et fabriqué les instruments musicaux, chanter la musique elle-même. Chanter la création, ce sera chanter le Dieu Tout-Puissant et son œuvre divine, mais aussi la création, l’humanité dont nous faisons partie, mais aussi et surtout notre humanité ! Voilà une petite part de ce que les artistes pourraient faire pour que la Paix règne sur terre, forme et in-forme notre monde, en l’ennoblissant et en l’embellissant. Serait-ce peu, serait-ce beaucoup ? Qui saurait le dire, sinon le Très-Haut ? Voilà pourquoi il ne faut jamais douter de rien, d’autant moins de la Paix, le souffle du Seigneur !

Quels sont vos projets actuels pour l’UNIEP ?

Nous sommes en train de mettre en œuvre plusieurs projets qui vont contribuer à éclairer le monde. Je vais pour l’instant m’arrêter sur un des projets qui retient le plus notre attention et notre intérêt : c’est le lancement du concours « Grand Auteur pour la Paix » (GAP). Ce concours consistera à réunir et à susciter l’intérêt des auteurs autour d’un thème fédérateur : l’amour. En tout cas, le Président Exécutif de l’UNIEP, NOUMSI BOUOPDA Gervais de Collins, d’autres auteurs et moi-même y travaillons activement. Je vous en dirais plus au moment du lancement officiel.

Comme il sera de tradition pour tous les auteurs qui passeront dans cette rubrique, pouvez-vous mettre à la disposition de nos nombreux internautes un de vos poèmes « pacifiques » ?

Je pense que ce que je vous ai déjà dit peut constituer un poème à la Paix. Enfin, voilà un poème qui a trait, de près ou de loin, à la Paix : A mes risques et périls (en la demeure)

Mon sang se donne l’air de charrier les troncs Des arbres où grimpaient mes ancêtres Il y a des fois où mes gencives me font mal Comme si je faisais mes défenses (de mammouth) Mes oreilles tintent comme sous l’effet des hurlements Remontant à la Préhistoire, ignorante de l’acte de la parole Le propre de la pourriture éclose des fleurs du Vice... J’abats mon stylo sur la feuille de papier innocente Comme les chasseurs d’antan leurs gourdins sur la proie Mes doigts crochus s’agrippent désespérément Au bord du précipice où les Autres se donnent Toutes les peines du monde pour me pousser Lorsqu’on me met le couteau sous la gorge Je revois toute l’Histoire passée, sanglante De la Guerre de Cent Ans, de Trente Ans Bon an, mal an je ne sais que me débattre Au pied du mur qui me sépare de l’Autre Tout ce qui coule me fait peur Que ça coule, découle, s’écoule, dégouline, dégoutte ou me dégoûte Jusqu’à mon sang me fait peur : il pourrait m’emporter Grimpé sur un tronc d’arbre à côté de mes ancêtres Qui déferlent de l’au-delà de la Mémoire sur Nous, ignobles violateurs de sépultures, d’Histoire

Voilà, Chers Frères et Soeurs, c’est un peu Tout, la Paix. Mes plus vifs remerciements à vous. Monsieur le Président Exécutif de l’UNIEP, MERCI

Interview réaliser par Lamine Merlin Tchuente et TCHAMOKOING Delphine Chargés de la communication de l’UNIEP.

Découvrez aussi le Pr. Constantin FROSIN sur les sites et blogs suivant : http://constantin-frosin.uv.ro http://etoile-du-danube.com

Post-scriptum :

Aujourd’hui, l’UNIEP reçoit dans sa rubrique UN AUTEUR POUR LA PAIX ET DANS LA PAIX, le Pr. Constantin FROSIN, Président d’honneur de l’UNIEP. Présentation de Constantin FROSIN.

D’origine roumaine, professeur de philologie à l’Université « DANUBIUS » -Galati, Constantin Frosin est né le 12 octobre 1952. Doté d’une maîtrise parlée et écrite d’au moins 7 langues, il est membre de plusieurs associations d’écrivains.

De l’Académie Francophone à l’Académie Européenne, de l’Académie Internationale de Lutèce à l’Association des Écrivains d’Expression française, Constantin FROSIN promène partout son expérience pour la bonne marche du monde de la littérature.

Membre des comités de rédaction de plusieurs revues littéraires, il est titulaire d’une bonne cinquantaine de prix et distinctions. De Chevalier de l’ordre des arts et des lettres en 2000 à Officier des palmes académiques et chevalier du mérite culturel, cet esprit phénoménal a obtenu le Grand Prix de Traduction du roumain en langues étrangères de l’Union des Écrivains de Roumanie en 2002 et le Prix Européen de Poésie : POÊSIAS en 2003.

Auteur de plus de 200 œuvres publiées, ce valeureux savant conjure constamment dans ses textes l’espoir et l’harmonie, invite l’humanité au mépris de la guerre et fait l’apologie de la paix.

Biographie faite par Gervais de Collins NOUMSI BOUOPDA

Constantin FROSIN, vous êtes le Président d’Honneur de l’UNIEP depuis plus de cinq mois, qu’est-ce que cela vous fait ?

Un lourd fardeau s’ajoute à celui des deux autres présidences (des Traducteurs Professionnels et des Vétérans de Guerre de Roumanie), mais combien doux et rassurant, paisible et régénérateur… C’est comme si j’avais déjà réussi à retrouver ma paix intérieure, la Paix de l’Âme, comme on dit… Je baigne dans la Paix, je m’endors entre ses bras, et me réveille plus pur, en HARMONIE avec l’Univers, avec notre bas monde, avec l’Humanité entière. Je me sens à nouveau semblable à mes semblables, je me redécouvre pareil à mes pareils, enfin tout près de mes prochains, qui risquaient de devenir mes lointains… Ce fut grâce à vous, à votre géniale idée de fonder l’UNIEP, que je pus me retrouver, faire la paix avec moi-même, avec mon propre soi (qui ne vivait plus tellement dans la soie, mais plutôt sur la dure, à cause de ces multiples moi qui assiègent sans cesse le soi (le seul à se conformer au précepte : Ainsi soit-il !). Et puis, ce fut toujours vous, un des vrais Pionniers de la Paix du Monde, qui eûtes l’idée fabuleuse du Livre d’Or pour la Paix. A remarquer que le syntagme « d’Or » renvoie, phonétiquement parlant (sic !) au mot DOR du roumain, accepté par l’UNESCO, signifiant nostalgie, langueur. A-i fi DOR (avoir dor, si l’on peut dire…) signifie languir après, avoir la nostalgie de, désirer, appeler de ses vœux. Mi-e dor/il m’est dor, signifie : il me manque, je languis après quelque chose. Et je pense que le monde a vraiment dor de la Paix : la Paix lui manque, notre monde a le mal de la Paix (comme celui du pays, vu les migrations actuelles d’un continent à l’autre), il languit de la Paix, ce qui revient à dire, par la voie de conséquence de la logique, que le Monde en a assez de la Guerre, n’en veut plus, pas même entendre parler, que le Monde veut se reposer enfin, un tout peu, que le Jardin paradisiaque est si près de nous, qu’il suffit de tendre la main au Paradis pour s’y retrouver… Les Grands de ce monde (les petits plutôt) devraient comprendre que la Guerre ne sert plus à rien ni à personne, que, à force de vouloir faire la Guerre à tout prix, ils deviendront eux-mêmes victimes de cette Guerre qui, à l’instar de son frère aîné, le Diable, phagocyte ses adeptes et ses enfants… Ils risquent de rester dans l’Histoire comme les assassins de l’Histoire, du Présent et, implicitement, de l’Avenir !... Assassin signifie, selon une étymologie populaire (la seule vraie !) : les As du Sin, sin signifiant dans la nouvelle lingua franca que prétend être l’anglais, le Péché. Ils sont donc les as, les experts du péché, ce qui en dit long sur cette (basse) espèce de la plus belle espèce… C’est aux Poètes (les seuls qui disent à leurs pareils, à leurs semblables, à leurs collègues de Planète : je vous ai dans la peau, vous êtes dans ma peau, je vous aime, vous êtes mon pot, donc ils ne diront jamais : manque de pot ! Ils sont heureux de partager cette terre avec les autres habitants de la Planète, même si la plupart d’eux appellent la Planète « un endroit où l’on peut planer à l’envi », où l’on se croit tout permis, même la guerre ! Mais ceux qui planent, ce sont ceux qui tirent des plans sur notre Planète, à cela près qu’ils resteront en plan… D’entrée de je et de jeux…

Quelle est la place de la Paix dans votre écriture ?

Mes poèmes, mes rares proses, mes poésies ont pour source la Paix ou la quête de la Paix. Ou bien ils coulent de source, de la Paix de mon âme, où bien ils sont le reflet cruel de mes états d’âme qui languissent après la Paix, qui n’en veulent plus de cette guerre continuelle que l’on se livre l’un à l’autre, genre : Ôte-toi de là que je m’y mette, Allonge ton pognon pour que je ne tranche pas la gorge, Laisse-moi être riche, même si cela implique que toi et les tiens, vous mourrez de faim… On oublie trop vite que l’on n’emportera rien ni au Paradis, ni à l’Enfer, sinon ses péchés, ses cauchemars et ses obsessions//aube/cessions… Et qu’on laissera derrière famine, souffrance et une haine terrible contre nos faits et gestes… Paix est l’alpha, mais les autres mots, les plus beaux du français au moins, sont : Père, Patrie, Tout-Puissant, les pas qu’on fait sur terre avant le grand passage, sont l’oméga… Le Père engendra le Fils, la Paix engendra la poésie… La Poésie est la Patrie du Verbe, l’endroit où naquit le Verbe, la terre promise qui l’accueillit les bras ouverts… La Poésie est donc l’un des endroits d’élection du Dieu-Père Lui-même… Lorsque cette Paix, cette Mère de la Poésie, manque dans mes poèmes, j’efface tout, et reprends tout à zéro, ou remets l’écriture de tel poème à plus tard, dans l’espoir de retrouver cette paix mienne (me faisant défaut pour le moment) dans mes poèmes… Tout comme le père survit par son fils, la mère par sa fille, le poète survit grâce à ses poèmes, car il renaît avec chaque poème, avec chaque don de Dieu – qu’est la Création sous toutes ses formes ! Il se recrée grâce à son don de créateur, il se façonne, d’habitude à l’image de la Divinité (quelle qu’elle soit et quel que nom qu’elle puisse avoir…). La Paix ne saurait manquer de la Poésie, car elle forme la matière première de tout poème, un mot terrible, indiquant l’amour des Poètes pour leurs proches, car ce mot contient peau et aime. Le poète entend s’écrire dans chaque vers, à l’intention de ses lecteurs : Je vous aime, même je vous ai dans la peau (passez-moi le mot…). Qui d’autre déclare l’amour à ses semblable, comme le fait le poète ? Chacun de ses vers invoque l’Univers, il rythme ses rimes sur le rythme du Cosmos, réalisant cette apparemment impossible osmose entre là-haut et ici-bas. Personne d’autre ne pourrait le faire, sinon le Poète, car il est le héraut de la Paix, son porte-parole par ses vers, toujours verts, renvoyant à la jeunesse d’esprit, à l’éternité de la création divine, qui ne disparaît jamais, tout simplement se transforme, et parfois se métamorphose…

Pour nous autres écrivains, pensez-vous que cela vaille encore la peine de se battre pour la Paix dans ce monde ?

Je pense avoir déjà abondamment répondu à cette question. Oui, si l’on veut que le monde devienne de moins en moins immonde, qu’il devienne habitable et respirable, voire agréable – pourquoi pas ?, il faut laisser aux Poètes le droit de cité, les réinvestir de la qualité de Poetas Vates, au lieu de les bannir au-delà des murs des villes… On travaille sur fond de musique, on vit sur fond de musique des mots, la seule à pouvoir éloigner de nous les maux, voire les Maux ! Pourquoi, lorsqu’on parle de mélo-thérapie, on ne pense pas aussi à la musique des mots ? Prononcés, les mots muent en paroles, et on vit la vie par rôles, à tour de rôle, et on tient parole les uns envers les autres et tous envers Dieu… Et quel rôle jouent alors les mots des poèmes, ces pas assurés vers la Paix, l’Harmonie et le Bonheur, que seules Beauté et Bonté sont de taille à nous offrir… ! Si les Poètes cessaient, ne fût-ce qu’un instant, de se battre pour la Paix du monde, la Guerre reviendrait au galop, voire à la charge et la Paix de la Vie, cette belle musique céleste nourrissant les êtres d’argile lors de leur passage ici-bas, disparaîtrait et laisserait parler les canons, les bombes et la mort, la sœur aînée de la Guerre. Les trois Parques, ces entités maléfiques qui viennent parquer dans nos âmes et consciences : Souffrance, Guerre, Mort, ne peuvent être renvoyées dos à dos qu’au son de la Lyre, voire de toute la lyre… Et lyre renvoie au verbe lire, aux poèmes à lire en guise de prière au moins trois fois par jour : au réveil, à midi et le soir, avant de se mettre au lit. La force des mots est terrible, tout comme celle des maux, à cela près que les mots peuvent l’emporter sur les maux, avoir le dessus à tout moment, à condition d’être invoqués sous forme de vers, de poésie, de poèmes… Le Te Deum laudanum est fait de vers, même blancs, si l’on veut, mais les mots y sont pour toute la beauté dont resplendit la foi en Dieu… TDL : la Terre donne à Dieu ses Louanges, les poètes ont cru de toute la force de leurs mots, en ont fait des poèmes et, la musique aidant, quels hymnes l’homme peut dédier ensuite au Seigneur de la Création, y compris poétique ! OUI, cela vaut son poids d’or (et DOR) de se battre pacifiquement et poétiquement, pour la Paix du monde !

Que peut donc, d’après vous, vous donner l’UNIEP ?

Tout d’abord, l’UNIEP est… unique ! Ensuite, l’UNIEP unit, réunit autour d’elle les écrivains de ce monde affamés et assoiffés de Paix, de Poésie, de la Patrie des Mots, de la République des Lettres, de l’Empire des Vers (non seulement de l’Univers…), de l’Empyrée du Seigneur… L’UNIEP contient en elle l’UN, le Germe de tout ce qui est, l’Origine Universelle, la racine de l’arbre de vie et des forêts de symboles jonchant la terre. Dieu le Tout-Puissant, le Seigneur des Mondes et des Univers se trouve dans cette dénomination qui est une terrible trouvaille aussi. Dieu est avec nous, car Dieu aime les Poètes ! Pourquoi ? Parce que, à l’instar du Seigneur, qui enfanta la Verbe, le Poète enfante des poèmes, où le Verbe est mis à l’honneur ! Au fait, tout poème est un hymne à la Création, un hommage au Divin, au Créateur, au Père de la grande Patrie Universelle ! L’UNIEP nous rappelle que l’Union fait la force, que la force des mots, dans le cas des Poètes, est immensénorme ! Héneaurme ! Le mot crée l’Histoire, renverse l’Histoire, ou rend la confiance en l’Histoire ! A l’origine des Guerres, il y a des mots incompatibles avec la démocratie (des mots cratie/kratos). Des mots jetés au hasard, devenus injures par la suite. Mais les mots des poèmes empreints de Paix, deviennent musique, sont mis sur musique, hymnes religieux ou pas, mais la musique composée à partir et à base d’un texte poétique est une musique vivante, reflétant états d’âme et sentiments de ceux qui les ont écrits ! L’UNIEP : l’UN y est Paix, l’UN y est pour nous ! L’Un y est notre Patrie, notre Planète ! La Paix, c’est la communion des humains en la Paix, c’est la Paix faite Union, solidarité humaine. Voilà quelques possibles significations de l’UNIEP et de ce qu’elle peut nous apporter, certes, à condition de s’impliquer corps et âme… L’UNIEP, par la voix des poètes et des écrivains, tous fils et filles de la Paix, ou en quête de la Paix, est en mesure de nous réapprendre les bénéfices de la Paix, ses fruits doux et parfumés, capables de guérir peur et lâcheté, angoisse et affres de la Guerre, d’illuminer et lever nos doutes, de remettre du baume sur nos plaies et bosses… L’UNIEP, c’est l’élite des écrivains réunie sous l’étendard de la Paix, où les héros armés de leur Plume peuvent faire renaître la foi mais aussi la confiance, les seuls héros capables de se faire les Hérauts des temps à venir, de l’Histoire en train de se faire !

Quelles peuvent être les contributions des artistes et des écrivains pour que la Paix règne dans ce monde ?

En voilà une colle, renfermant, inévitablement, truismes, lapalissades et le classique parler pour ne rien dire… Loin d’être secrets de Polichinelle, ni des pots aux roses à découvrir, les formules universelles n’existent pas ! Chacun sait où le bât le blesse, chacun dans son bled, dans son coin, dans son trou. L’important est de bien faire les choses et de laisser dire aux autres : Bravo ! De bien faire entendre sa voix, celle de ses poèmes, d’en faire tout une musique, au grand dam de ceux qui ne l’entendent pas de cette oreille… Les artistes de ce monde présent, y compris et surtout les poètes/écrivains, feraient bien de ne plus cultiver le laid, le difforme, le diable et son père, sous prétexte d’être modernes, et non plus vieux jeux ! La vie de tous les jours renferme des beautés inexprimables, qu’il vaut explorer et exploiter. Laisser de côté l’immonde, le grotesque, le sale et les saletés (dans tous les sens du mot !), le cadavre et le putrescible, les moisissures et les bubons de la peste. S’orienter vers la beauté d’une fleur, d’un bouquet ou d’un champ de fleurs, vers la beauté d’une femme ou de toutes les femmes de ce monde, vers la beauté sereine d’un ciel d’été, ou le ciel chargé de neiges des nuits d’hiver, ou illustrer les contes dits au coin du feu… Chanter l’amour, le beau, le bien, l’humain tout en remerciant le Très-Haut de nous les avoir permis et concédés, de nous en avoir fait don. Chanter les enfants que nos épouses nous ont donnés, chanter les épouses que le ciel nous a données, chanter le ciel que le Divin nous a donné, chanter le Divin et lui remercier d’exister et de ce que l’on existe, nous autres, grâce à lui. Chanter le chant, les musiciens qui l’ont composé, les poètes qui en ont écrit les vers. Chanter les auditeurs de la musique, les artisans qui ont conçu et fabriqué les instruments musicaux, chanter la musique elle-même. Chanter la création, ce sera chanter le Dieu Tout-Puissant et son œuvre divine, mais aussi la création, l’humanité dont nous faisons partie, mais aussi et surtout notre humanité ! Voilà une petite part de ce que les artistes pourraient faire pour que la Paix règne sur terre, forme et in-forme notre monde, en l’ennoblissant et en l’embellissant. Serait-ce peu, serait-ce beaucoup ? Qui saurait le dire, sinon le Très-Haut ? Voilà pourquoi il ne faut jamais douter de rien, d’autant moins de la Paix, le souffle du Seigneur !

Quels sont vos projets actuels pour l’UNIEP ?

Nous sommes en train de mettre en œuvre plusieurs projets qui vont contribuer à éclairer le monde. Je vais pour l’instant m’arrêter sur un des projets qui retient le plus notre attention et notre intérêt : c’est le lancement du concours « Grand Auteur pour la Paix » (GAP). Ce concours consistera à réunir et à susciter l’intérêt des auteurs autour d’un thème fédérateur : l’amour. En tout cas, le Président Exécutif de l’UNIEP, NOUMSI BOUOPDA Gervais de Collins, d’autres auteurs et moi-même y travaillons activement. Je vous en dirais plus au moment du lancement officiel.

Comme il sera de tradition pour tous les auteurs qui passeront dans cette rubrique, pouvez-vous mettre à la disposition de nos nombreux internautes un de vos poèmes « pacifiques » ?

Je pense que ce que je vous ai déjà dit peut constituer un poème à la Paix. Enfin, voilà un poème qui a trait, de près ou de loin, à la Paix : A mes risques et périls (en la demeure)

Mon sang se donne l’air de charrier les troncs Des arbres où grimpaient mes ancêtres Il y a des fois où mes gencives me font mal Comme si je faisais mes défenses (de mammouth) Mes oreilles tintent comme sous l’effet des hurlements Remontant à la Préhistoire, ignorante de l’acte de la parole Le propre de la pourriture éclose des fleurs du Vice... J’abats mon stylo sur la feuille de papier innocente Comme les chasseurs d’antan leurs gourdins sur la proie Mes doigts crochus s’agrippent désespérément Au bord du précipice où les Autres se donnent Toutes les peines du monde pour me pousser Lorsqu’on me met le couteau sous la gorge Je revois toute l’Histoire passée, sanglante De la Guerre de Cent Ans, de Trente Ans Bon an, mal an je ne sais que me débattre Au pied du mur qui me sépare de l’Autre Tout ce qui coule me fait peur Que ça coule, découle, s’écoule, dégouline, dégoutte ou me dégoûte Jusqu’à mon sang me fait peur : il pourrait m’emporter Grimpé sur un tronc d’arbre à côté de mes ancêtres Qui déferlent de l’au-delà de la Mémoire sur Nous, ignobles violateurs de sépultures, d’Histoire

Voilà, Chers Frères et Soeurs, c’est un peu Tout, la Paix. Mes plus vifs remerciements à vous. Monsieur le Président Exécutif de l’UNIEP, MERCI

Interview réaliser par Lamine Merlin Tchuente et TCHAMOKOING Delphine Chargés de la communication de l’UNIEP.

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