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Dieu n’est pas africain, Enregistrer au format PDF
Dieu n’est pas africain,
Date de publication : mercredi19 août 2009, par Gervais de Collins Noumsi Bouopda

Dieu n’est pas africain, par Gervais de Collins Noumsi Bouopda

Bonjour oncle Bakala !

Je t’appelle en ce jour

D’un pays enfermé dans la misère,

Pour te faire comprendre

Tout ce qui se trouve de plus ignoble

Dans cet énorme continent

Au cas où tu aurais

L’intention de l’oublier.

En effet, oncle Bakala,

Depuis plus de cinq siècles

Rien ne marche plus vraiment ici.

Tout est devenu obscurité

Et le continent a été dérouté

À travers le chemin de l’esclavage

Et de l’exploitation atroce de ses richesses.

Mon éminent oncle Bakala,

Félicitation !

Ta stratégie était très bonne au départ.

Si tu veux, révisons la encore :

Tu es venu sur les côtes de ce continent

Avec du sucre,

Un peu de sel non iodé,

De la pacotille,

Des tissus

Et de la boisson de mauvaise qualité ;

Tu vois que tout ça était

Bien pensé n’est ce pas ?

Tu as changé beaucoup de millions d’humains

Avec quelques morceaux de sucres seulement.

Tu t’es offert tous les ivoires de la côte

Avec seulement un litre d’alcool

Et c’est vraiment formidable tout cela.

Félicitation une fois de plus !

Mon distingué oncle Bakala,

Les mains habiles et vigoureuses

Que tu as capturées ici et emprisonnées

Dans tes champs de cacao, de cannes à sucre

Et de café là-bas

Que sont-elles devenues ?

Tous ces misérables esclaves

Donc tu as sucé la chair jusqu’à

La dernière goutte de sang

Qui sont-ils devenus ?

Mon cher oncle,

Tu as laissé beaucoup de famille

Dans le désespoir et la désolation.

Les villages tous entiers ont fréquemment brûlé,

Les populations ont constamment pleuré

Et beaucoup sont restés inactifs depuis la nuit

Des temps

Attendant chaque jour le retour

De leur fils mort ou disparu

Dans cette tornade de cris

Et de chasse à l’homme.

Pour être franc,

Il faut dire que tu es un fin stratège.

Mon cher oncle Bakala,

Quelques temps après la tornade de l’esclavage,

Tu confines une nouvelle sagesse

Pour exploiter vivement les terres.

Tu appelles ta nouvelle

Trouvaille : la colonisation.

C’est vraiment incroyable !

Tous ces magnifiques procédés que tu mets

Sur pieds pour exploiter à tout prix.

Pour cela, ta tactique première a consisté

À aveugler ce peuple

En inventant le mot « évangélisation ».

Et tu as associé à ces termes

Des principes bidons tels que :

« Tu aimeras ton prochain comme toi-même ».

Observe bien dans ton passé

Et dis moi

« As-tu jamais aimé ton prochain toi ? »

Grand oncle Bakala,

Tu es vraiment malin dans tous tes procédés hein…

Tu t’es permis d’utiliser la bible,

La sainte bible ?

Pour ruiner une fois de plus les populations

Afin de laisser dominer ton puissant égoïsme.

C’est probablement à ce niveau

Que tu as commencé à comprendre

Que l’exploitation était ta chair

Ta raison de vivre,

L’hémoglobine de ton sang,

Et l’espoir de tous tes enfants.

Très cher oncle

Tu as recommandé aux indigènes

Le respect des principes tout simple

De ton livre saint

Mais tu n’as pas cessé toi-même

De te détourner de ces pièges

Que tu as si bien tendu pour le peuple d’ici.

Dis moi un peu,

Ce Dieu là, est- ce ton Dieu ?

Où est- ce leur Dieu à eux ?

Grand oncle Bakala,

J’espère que tu m’écoutes toujours.

Laissons si tu veux

Le côté de la colonisation qui n’est

Pas encore fini jusqu’à nos jours.

Faisons une petite inspection

Des deux principales grandes guerres.

Tu as recruté massivement les mains vigoureuses

Poussant ton culot jusqu’à appeler

Les soldats d’ici tirailleurs.

Verser le sang des innocents.

Etait-ce le moyen ultime pour

Que tu lui rendes sa liberté ?

Oncle Bakala

Tu es de plus en plus ridicule.

Jette un coup d’œil sur

Le théâtre des périodes d’indépendances,

Où tu as délivré des diplômes de mérite

À de nombreux médiocres qui aujourd’hui

Mettent les économies à feu et à sang.

Tu ne peux pas démentir

Parce que toutes ces personnes-là

Sont tes pions,

Tes véritables espions.

En tout cas, de quoi je me mêle ?

Lorsqu’il ne marche pas sur

Tes chemins d’exploitations féroces

Tu t’arranges à le faire quitter

Le pouvoir de ton propre gré.

Oh mon cher oncle

Je vais te faire une confidence

Qui ne doit pas vraiment te surprendre.

D’ailleurs il serait mieux

Que cela reste entre nous.

Depuis plus de quarante ans,

Tu organises de grands désordres ici

Te cachant sagement derrière

Les marionnettes pour détruire

Tout ce que les gens veulent

Adopter pour le bien-être

De la misérable masse locale.

En tout cas, ça ne sert à rien

Car tu continues à piller

Et de manière vraiment vilaine,

Tous les énormes fruits de

Ces années de durs labeurs.

Mon cher Bakala

Tu sais,

Je ne t’en veux pas du tout,

Non pas du tout.

C’est toi qui rends ce peuple

Là corrupteur

Et tu vas le calomnier sur la place publique

Car tu devras certainement savoir

Qu’il ne peut y avoir d’enfants sans mère.

Depuis longtemps les mains habiles

Ont été exterminées par les siens,

Et on commence à comprendre

Très bien ton jeu quand tu

Viens imposer ton discours

Sur « l’immigration choisie »

Inutile que je m’étende

Sur ce sujet pour que tu

Puisses aussi m’adopter.

Oncle Bakala

Sais-tu que les gens se sont

Toujours posés la question

De savoir pourquoi tu es expatrié ici

Et eux immigrés chez toi ?

De toutes les façons je me fous

Eperdument de ce que ces gens

Là pensent. Tu as tout à fait raison !

Et moi pour toi je ferais caméléon !

Cher oncle Bakala

Je sais que tu m’écoutes toujours

Parce que je voudrais maintenant

Te poser quelques questions strictement

Confidentielles auxquelles tu répondras

Si tu le veux bien :

Que feras-tu au juste quand le bois finira ?

Et si le pétrole venait aussi à disparaître ?

Comment feras tu pour continuer à vivre ?

Oncle Bakala,

Soyons un peu raisonnable.

Pourquoi continuer encore

À jouer aux hypocrites ?

En tout cas je n’ai plus assez de temps

Pour continuer à te mettre au parfum

De toutes les conneries

Qui se disent ici…

Je sais que ça ne t’intéresse pas du tout.

Et permets-moi aussi de te rappeler

Que je ne t’en veux pas du tout.

Non c’est normal :

« La chèvre broute où elle est attachée ».

Cher oncle,

Comme tu l’as si bien constaté,

Je n’aime pas m’occuper des problèmes

Qui ne me concernent pas du tout.

Excuse-moi une fois encore d’avoir

Troublé ton paisible sommeil

Alors que les gens sont en train

De mourir sereinement dans cet enfer souterrain.


1 message

  • Dieu n’est pas africain,

    15 juillet 2014 23:58, par Mathiasu
    J’étais à ça de laisser passer l’heure parce que j’étais occupé à parcourir votre article ! Une synthèse captivante, en définitive.
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    repondre Répondre à ce commentaire

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