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Niculina Oprea, Auteur D’Or Enregistrer au format PDF
Niculina Oprea, Auteur D’Or
Date de publication : jeudi26 mars 2009, par Gervais de Collins Noumsi Bouopda

Par Mircea BARSILA

« (…) Si je devais regarder de plus loin, non pas chaque livre, mais l’ensemble de livres de Niculina Oprea, je devrais dire que la première chose qui m’a impressionné tient au fait que sa poésie est ciselée, est méticuleuse. D’ailleurs, il y a aussi un texte, un ars poetica où l’on parle de l’importance du bistouri dans la relation par rapport au texte. Nous nous trouvons en présence d’une poète qui est tellement méticuleuse qu’elle ne se permet pas de laisser dans le discours poétique des choses qui semblent inutiles ou qui ne motivent pas le texte comme tel. Elle est foncièrement une poète qui a du respect envers la poésie et, implicitement, envers le lecteur.

Niculina Oprea est une poète mature, une poète équilibrée, une poète qui s’intéresse précisément à la poésie pure, elle est arrivée dans la phase où elle ne se permet pas le jeu avec la poésie, le jeu avec ses propres textes poétiques. Je disais que sa poésie est tellement méticuleuse, est ciselée mais, en même temps, elle laisse l’impression d’un plan second, l’impression d’un sous-texte où frémissent les sens secrets des vers. En disant cela, j’essaie de souligner que sa poésie surgit du fait de vie. Quoique ciselée et méticuleuse, on ne peut l’ « accuser » en aucune manière de livresque.

Un autre aspect qui m’a paru très intéressant tient à la science de la poète de placer dans le texte des éléments de contrepoint, des éléments à valeur de contrepoint, dans un contexte formé d’images qui se remarquent par leur caractère concret.

La poète a très bine appris la leçon expressionniste de la discontinuité. Le texte est formé de petits fragments que quelque chose de mystérieux met en liaison et, de cette manière, l’ensemble acquiert une cohésion nécessaire. En d’autres mots, quoiqu’il semble composé d’éléments disparates, l’ensemble a une unité lyrique. Cette stratégie auctoriale vient bien sûr des expressionnistes et, peut-être, le poète le plus représentatif pour la poésie dont nous parlons a été Georg Trakl. Les images découpées de la réalité sont valorisées de sorte que l’image respective s’ouvre vers des sens inouïs, vers des aspects qui la rendent plus prégnante, plus visible qu’elle ne l’était en réalité. La poète sait utiliser très bien les intervalles entre les images brillantes ou étincelantes, c’est-à-dire procéder de manière que le texte bénéficie de certains espaces, tout comme les fleurs du tapis bénéficient des espaces entre elles pour être visibles. Cela ne réussit pas à n’importe qui. On a besoin d’un talent hors du commun pour arriver à des victoires spectaculaires, c’est-à-dire il faut savoir qu’en fait les aspects qui tiennent strictement à la poésie et les espaces entre eux sont en réalité des « institutions » linguistiques tout aussi importantes. Je dirais que chaque poésie de Niculina Oprea nous fait penser à un tableau expressionniste, dans le sens où un tableau expressionniste devient d’objet sujet, c’est-à-dire un univers autonome aux lois propres, il devient une autre forme d’existence qui nous oblige de la regarder de sorte que l’on sente en nous divers états, vastes, profonds, en concordance avec le facteur qui suscite les états respectifs.

Niculina Oprea sait exploiter les images du concret et conférer de la visualité à son discours poétique. On pourrait beaucoup écrire, on pourrait faire des références à l’imaginaire particulier de cette poète. Un imaginaire qui se configure par l’amplification réciproque de la mémoire et des inquiétudes métaphysiques ou de la sensualité et de l’appétit pour les abstractions. Les choses sont précisément comme ça en réalité, mais ce qui me réjouit beaucoup personnellement, c’est le fait que Niculina Oprea soit une poète qui a donné, dans notre littérature, une prégnance maximale à ce type de poésie : la poésie composée de notations, la poésie dont l’enjeu sont les découpages de la réalité fins et très exacts, dans un style qui refuse tout ce qui est rhétorique, tout ce qui mène à la dilatation du discours dans une prégnance maximale de ce type de poésie. (…)

( de la présentation faite par Ph. D. Mircea Barsila dans le cadre des lectures publiques, Bibliothèque Départementale « Dinicu Golescu », Piteşti, le 14 novembre 2007)

danse

entre le sommeil et l’inaccomplissement je danse

en marge du cercle de feu

qu’il brûle tout de suite

mes bras en caoutchouc !

j’ai enseveli la dalle que je porte

dans le linceul dont les miens

m’ont fait cadeau

ils attendent de moi

quelque chose que je ne connais

absolument pas

Traduction : Letitia ILEA

© All Copyright, Niculina Oprea


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